Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a organisé ce lundi 22 mai 2017, à Cocody Riviera Palmeraie, une conférence publique sur « l’impact du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme sur les économies ouest-africaines. » Le directeur général du Giaba, le colonel Adama Coulibaly, a indiqué que cette institution spécialisée de la CEDEAO a contribué à sécuriser et à stabiliser les systèmes financiers des Etats de la région. A travers la mise en place des dispositifs de lutte conformes aux normes et standards internationaux, notamment les 40 recommandations du Groupe d’Action Financière (GAFI).
Mais il reconnait que malgré les performances réalisées que « de nombreux défis restent encore à relever pour doter nos Etats de dispositifs fiables et efficaces. » Ces défis pressants seront adressés dans l’ensemble des pays de la CEDEAO au titre du deuxième cycle des évaluations mutuelles ou « évaluations de l’épreuve » prévues de 2016 à 2021. La Côte d’Ivoire est programmée pour 2021, selon le calendrier adopté par le comité ministériel.
Le colonel Adama Coulibaly s’est félicité des progrès substantiels réalisés dans le pays, principalement dans le domaine de la bonne gouvernance. Ce qui lui vaut d’être placé sous le régime de pays à suivi régulier accéléré ; soit la meilleure note de la région CEDEAO. Cela s’est traduit par la mise en œuvre d’un dispositif qui vient d’être complété par l’internalisation de la nouvelle Directive Communautaire de l’UEMOA sur le Blanchiment des Capitaux et le Financement du Terrorisme, avec l’adoption d’une loi en novembre 2016. « Sur le plan répressif, plus de 700 dossiers ont été traités et transmis aux autorités judiciaires à des fins de poursuites des auteurs au cas où les infractions relevées étaient avérées », a révélé le DG du Giaba.
Le président de la Cellule nationale de traitement de l’information financière (CENTIF), Idrissa Touré, par ailleurs correspondant national du GIABA, a martelé que « les dangers que représentent le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sur nos économies sont réels. » D’où la nécessité de préserver les économies de la région ouest-africaine contre ces fléaux qui ont pour conséquence la recrudescence de la délinquance financière qui, si l’on n’y prend garde, anéantira tous les efforts de développement économique et social entrepris par nos Etats.
Le représentant permanent de la CEDEAO en Côte d’Ivoire, SEM Babacar N’diaye, a salué cette initiative de sensibilisation de la jeunesse sur les fléaux du BC/FT, dans un contexte marqué par le phénomène de l’immigration clandestine et la recrudescence des actes terroristes.

