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Mis à jour : 28 juin 2026, 14:02
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Financement des économies ouest-africaines – Les défis pour jeter les bases d’un marché des capitaux financé par l’épargne et ouvert identifiés

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La conférence internationale sur les marchés financiers, organisée par le Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF), se tient les 10 et 11 février 2020, à Abidjan, au Sofitel hà´tel Ivoire. Initiée dans le cadre du Programme conjoint de développement des marchés financiers – Joint Capital Market (J-CAP), cette rencontre a pour thème : « Marchés financiers : investir dans l’UEMOA. » Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly a affirmé à l’ouverture des travaux que le défi de la mobilisation d’une épargne importante et durable est plus important aujourd’hui, confirmant le lien étroit entre l’épargne et le taux de croissance économique des Etats, à travers notamment le taux d’investissement. La marge est énorme, à en juger par les données du FMI : en 2019 le taux d’épargne était de 40% en Asie contre 16% pour l’Afrique subsaharienne. Pour la Cà´te d’Ivoire, précise le Premier ministre, ce taux s’établit à 20 % du PIB en 2018.

La mobilisation des ressources domestiques, principal défi

De sa création en 1998 au 31 décembre 2019, le marché financier régional a permis aux Etats membres de l’UEMOA de lever environ 7 500 milliards de FCFA pour financer leurs programmes de développement, dont environ 40 % ont permis de financer les infrastructures des Etats membres. Quand environ 2 500 milliards FCFA ont été levés pour financer les investissements des entreprises, c’est-à -dire le secteur privé. « Malgré les importants progrès enregistrés, notre marché financier devra faire face à d’importants défis pour permettre à nos places financières de jouer pleinement leur rà´le », note néanmoins le Premier ministre. A savoir la faiblesse du marché, la consistance de la maturité des émissions obligataires, la faible diversification des émetteurs, et la faible participation des émetteurs étrangers.

Le président du Président du Conseil des Ministres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), le ministre de l’Economie et des Finances du Benin, Romuald Wadagni, est également d’avis qu’il se pose encore un problème de financement des Etats qui ne peut être résolu sans un marché financier diversifié. Il formule les défis à travers un questionnaire on ne peut plus précis : « N’est-il pas nécessaire d’aller vers une capitalisation des pratiques fiscales ? Comment faire de l’outil fiscal un véritable outil attractif pour notre marché de capitaux ? Comment diversifier les émetteurs et faire en sorte que des non souverains soient les actifs du marché ? Comment ouvrir le marché aux investisseurs hors zone, sachant que ce type d’investisseurs peut exposer à un certain nombre de risques ? »

La perspective est bonne pour les marchés africains

Romuald Wadagni est convaincu qu’il y a un effort à faire pour mobiliser suffisamment l’épargne au niveau des économies de la sous-région. « Si nous ne le faisons pas, à un moment donné nos Etats vont s’essouffler et la croissance va baisser, quand la pauvreté va s’accentuer », interpelle-il. Pour sa part, le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, Adama Coulibaly, rassure que malgré des prévisions mondiales de la croissance en 2020 pessimistes, estimées à moins de 3% selon le FMI, les marchés africains devraient gagner en attractivité en 2020. En ce qui concerne le marché financier de l’Uemoa, des réformes initiées depuis 2016 avec l’appui des partenaires techniques et financiers (PTF) devraient contribuer, à terme, au renforcement de l’attractivité du marché et de la robustesse, ainsi qu’à l’amélioration de la gouvernance. Ainsi, le montant des ressources levées en 2019 a atteint le cap de 1 620,2 milliards de Fcfa.

Emmanuel Akani

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