Le directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilière (BRVM) s’est prononcé, le vendredi 12 juin 2020, sur l’avenir des marchés de capitaux après la crise sanitaire du COVID. Il a animé une conférence en ligne sur le thème : « Les marchés de capitaux et la pandémie du COVID-19 : résilience, efficacité et perspectives », qui l’a amené à aborder les mesures prises par les bourses pour faire face à la pandémie, l’évolution des bourses mondiales et africaines depuis la crise sanitaire, son impact économique et financier et ce que les bourses devraient faire après la crise pour plus d’efficacité.
Sur la question de l’avenir des bourses, Dr Edo Kossi Amenounvé a plaidé pour l’émergence d’un nouvel ordre mondial post-COVID 19, y compris au niveau du système financier et des marchés de capitaux. Ce nouvel ordre financier mondial serait lié à un modèle économique qui viserait à renforcer les solidarités sociales et développerait la « valeur ajoutée sociale », à partir d’engagements inclusifs. « O s’achemine vers une finance qui se réconcilie avec l’humanité ; pas seulement une finance qui crée des bulles et des crises financières. On verra les bourses changer de physionomie dans les prochaines années avec un accent sur les valeurs technologiques », assure-t-il.
Le directeur général de la BRVM a bien avant indiqué que toutes les prévisions convergent vers une récession de l’économie mondiale du fait des mesures d’endiguement (mesures de quarantaine, confinement, fermeture d’entreprises, interdictions de voyage, fermeture des frontières, modification des horaires de travail, etc.) qu’il a fallu prendre. Mais, rassure-t-il, elle est prévue être de courte durée car dès 2021, toutes les régions du monde retrouveront une croissance positive. « On n’est donc pas en face d’une situation de dépression économique pouvant s’étaler sur un cycle. »
Les bourses mondiales ont été mises à rude épreuve quant à leur capacité à digérer l’information qui est diffusée et à refléter la vraie valeur des titres cotés. Les progressions observées, depuis le début de l’année, montrent que l’ampleur des variations à la hausse est plus faible que celle des variations à la baisse.
Le directeur général Edo Kossi déduit que la crise n’a pas donné un coup d’arrêt aux bourses, des évolutions positives sur des indicateurs de marché ayant été enregistrées, notamment avec les valeurs et les volumes des transactions, les levées de ressources, les introductions en bourse et l’évolution du marché obligataire. En ce qui les concernent, la BRVM et le DC/BR devraient maintenir leurs actions stratégiques 2020 – 2030 qui font une large part à la technologie, à la disruption, à l’éducation des investisseurs et à l’intégration des bourses.
De faà§on générale, face au caractère inédit de la crise en raison de son origine et de son étendue, les bourses ont adopté des mesures qui visaient trois objectifs majeurs : assurer la sécurité et protéger la santé de leurs employés ; maintenir la confiance des émetteurs et des investisseurs dans les marchés de capitaux, et continuer de jouer leur rà´le de baromètre de l’économie. Les Bourses sont donc restées ouvertes, faisant ainsi preuve de résilience.
Des mesures qui ont montré leur efficacité même qui devront être approfondies pour permettre aux bourses de répondre plus efficacement aux besoins des Etats, des entreprises, des investisseurs et autres acteurs du marché.
Emmanuel Akani

