La Confédération générale des entreprises de Cà´te d’Ivoire (CGECI) a organisé ce jeudi 2 juin 2022 à la Maison de l’entreprise au Plateau, en partenariat avec les parties prenantes du ministère des Transports, un atelier sur l’impact de la vidéo-verbalisation sur la sécurité routière. Il s’agissait pour la confédération de permettre à ses membres de comprendre le fonctionnement de cet outil qui a été créé pour lutter contre l’insécurité sur les routes et récupérer des ressources additionnelles au budget de l’Etat. ;
Le président de la commission Energie, qualité, hygiène et sécurité en entreprise (E-QHSE), Claude Koutoua, a indiqué que le déploiement de la vidéo-verbalisation pour lutter contre l’incivisme sur les routes ivoiriennes, rentré dans sa phase active depuis le 7 septembre 2021 dans le Grand Abidjan, est corrélé à des amendes qui représentent pour les entreprises des taxes supplémentaires à chaque infraction commise par les employés à l’usage des véhicules. Il en va ainsi également des mises en fourrière qui peuvent entraver leurs activités. La question est d’autant plus préoccupante que dès le premier jour d’utilisation de la vidéo verbalisation, ce sont 7000 infractions qui ont été notifiées par SMS à leurs auteurs. En trois mois, ce nombre est monté à 307 349.
Le partage d’expérience de Mme Sacko de la CIE en matière de prévention des risques routiers en entreprise depuis la mise en place du système de sanctions à distance des infractions au code de la route a montré clairement comment une entreprise peut tirer pleinement profit de ce système. Elle a indiqué que la CIE qui a un parc de 2000 véhicules et 700 motos a enregistré, au 2e trimestre 2022, une baisse de 4% des accidents. Ce qui n’est pas négligeable. L’entreprise est passée d’un coà»t de l’accident de 48 millions Fcfa au 3e trimestre 2021 à 19 millions Fcfa au 1er trimestre 2022. Ce qui montre que la vidéo-verbalisation apporte des résultats probants à la CIE qui avait réalisé respectivement 3% d’accidents en 2020 et 6% en 2021. Des dispositions sont prises en interne pour sensibiliser les agents qui ont à leur actif un nombre important de contraventions, qui sont tenus d’en rembourser les frais à l’entreprise et reà§oivent des courriers de rappel à l’ordre.
Pour sa part, le représentant de Quipux, Daouda Ouattara, a présenté le système de vidéo verbalisation (STI), le cadre juridique et réglementaires, ainsi que les solutions digitales conà§ues pour son déploiement. Quand Irié Raphael de l’Office de sécurité routière (OSER) a montré combien l’impact de la vidéo-verbalisation sur la sécurité routière un an après son lancement est positif. Le système s’est ainsi étendu beaucoup plus dans la ville d’Abidjan et a permis non seulement de réduire la vitesse en agglomération d’une moyenne de 66 à 46 Km/h mais de faire chuter le nombre de morts sur les routes. Les résultats sont donc bons dans l’ensemble mais insuffisants.
La rencontre a permis de sensibiliser les entreprises du secteur privé sur le fonctionnement de la vidéo verbalisation en Cà´te d’Ivoire. Elles ont pu en effet se faire une idée des infractions prises en compte, la réglementation, les services, les montants et les modes de règlement des amendes.
A la fin des travaux, des recommandations ont été faites qui devraient aboutir à l’optimisation de la mise en Å“uvre effective de la vidéo-verbalisation. Celles-ci portent sur la nécessité d’étendre la phase de sensibilisation surtout à l’endroit des entreprises, de travailler ensemble pour trouver des solutions aux préoccupations des entreprises. Une synthèse des travaux sera adressée à Quipux pour traitement.
Emmanuel Akani

