Dans le cadre de la Semaine Mondiale de la Santé à Abu Dhabi, Tony O. Elumelu, Président du Groupe United Bank for Africa, a partagé sa vision stratégique pour transformer le paysage des soins de santé en Afrique. Convaincu que l’adoption de cette feuille de route permettra à l’Afrique de bénéficier d’un système de santé plus robuste et équitable, il présente cinq piliers essentiels pour y parvenir.
Premièrement, il est impératif de prioriser les investissements dans l’innovation en santé, y compris la recherche et la technologie, pour améliorer les résultats de santé sur le continent. “Secteurs privé et public, ainsi que le monde du développement, doivent privilégier l’allocation de capital adéquate et les investissements dans l’innovation, tant en recherche en santé qu’en technologie de la santé/informatique, afin de stimuler les améliorations des résultats de santé à travers l’Afrique”, insiste Tony Elumelu.
Deuxièmement, il est essentiel d’offrir des incitations pour l’investissement dans la recherche et le développement (R&D) ainsi que dans les infrastructures de fabrication pharmaceutique dans les pays en développement, afin d’assurer un avenir durable en matière de santé pour tous.
Troisièmement, face au déficit énergétique qui affecte la prestation des soins de santé, des solutions innovantes doivent être trouvées. “Il est crucial de travailler de manière innovante à travers les secteurs sociaux pour obtenir des résultats. Un pourcentage élevé d’établissements de santé en Afrique souffre d’un manque d’alimentation électrique fiable – je pense que c’est autour de 40% – sans électricité, les résultats en matière de santé seront compromis”, explique le président du groupe UBA.
Quatrièmement, l’homme d’affaires souligne l’importance de mobiliser des financements pour la santé face au changement climatique, qui favorise l’apparition de nouvelles maladies et la propagation de maladies existantes dans de nouvelles régions. “Nous devons débloquer des financements climatiques pour la santé, en particulier là où le changement climatique conduit à de nouvelles maladies ou à l’apparition de maladies dans des régions où elles n’étaient pas présentes auparavant”, soutient-il.
Cinquièmement, Tony Elumelu met en exergue la nécessité pour l’Afrique de combler son retard en matière de santé. Il appelle à des investissements accrus dans la recherche et développement (R&D) pharmaceutique et dans les infrastructures sanitaires. Ces efforts visent à garantir une meilleure qualité des soins de santé, en particulier dans les pays les plus démunis du continent.
Selon lui, l’Afrique fait face à des défis considérables, avec des budgets de santé limités et une infrastructure souvent insuffisante. “Pour améliorer la qualité des soins de santé dans les pays les plus pauvres, nous devons investir dans la R&D pharmaceutique, les dispositifs médicaux et les meilleures pratiques. Le monde est interconnecté ; ainsi, une transmission rapide des maladies peut affecter même les nations les plus prospères”, précise le banquier. Il souligne l’importance d’une action collective pour établir un système de santé africain plus robuste et durable, capable de relever les défis sanitaires actuels et futurs.
Emmanuel Akani

