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Mis à jour : 28 juin 2026, 13:32
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Intégration en Afrique de l’Ouest : Le commerce alimentaire intrarégional confronté à des défis malgré une forte dynamique

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« Valoriser le commerce alimentaire intrarégional : quelles perspectives ? » Cette problématique était au cœur du side event 4 de la Commission de la CEDEAO, en marge du SARA 2025. La session thématique consacrée à ce commerce visait à mettre en lumière son rôle stratégique dans le développement du secteur agroalimentaire en Afrique de l’Ouest, où ces échanges sont essentiels malgré le manque de données probantes sur leur véritable ampleur.

Grâce à l’appui du Club du Sahel de l’OCDE, de la République d’Allemagne via la GIZ et la BMZ, une expertise a été mobilisée pour produire des estimations précises. Les premières données montrent que ce commerce atteint près de 10 milliards de dollars par an, soit six fois plus que les statistiques officielles. Ce commerce évolue dans un environnement porté par une demande alimentaire croissante, stimulée par l’urbanisation, l’accroissement des revenus et la forte démographie en Afrique de l’Ouest. Les projections indiquent qu’il pourrait atteindre 480 milliards de dollars d’ici 2030, révélant un potentiel encore sous-exploité.

Massandjé Touré Litsé, commissaire aux Questions économiques et agricoles de la CEDEAO, salue les résultats de l’étude qui mettent en évidence que ce commerce reste sous-estimé faute de données officielles fiables sur les flux transfrontaliers. « Ce montant de 10 milliards de dollars, soit 6000 milliards Fcfa par an, est comparable à nos importations annuelles combinées de riz, de blé et d’huile de palme et six fois supérieur à l’aide publique au développement dédiée à l’agriculture et à la sécurité alimentaire dans notre région. Ce commerce informel raconte une histoire forte », a-t-elle déclaré.

Lala Touré, directrice du Club du Sahel Afrique de l’Ouest de l’OCDE, souligne le rôle stratégique du commerce alimentaire intrarégional dans la croissance du secteur agroalimentaire. « La demande alimentaire régionale explose, portée par la croissance démographique et l’urbanisation, entraînant une forte progression du commerce intrarégional pourtant sous-estimé », explique-t-elle.

Au-delà de l’aspect économique, ce commerce représente un levier stratégique de solidarité alimentaire et une opportunité pour les grandes, moyennes et petites entreprises, qui ne peuvent cependant prospérer sans des politiques cohérentes facilitant l’accès au financement. « Des écarts de politique restent à combler », alerte-t-elle. « Trop souvent, nos politiques agricoles nationales ne tiennent pas compte de ces réalités. Certaines mesures restrictives dans les échanges intra-communautaires vont à l’encontre des règles régionales. Si nous voulons atteindre une souveraineté alimentaire durable, nous devons privilégier la coopération et l’harmonisation », insiste-t-elle.

« Pour saisir cette opportunité, nous devons changer de paradigme », affirme Massandjé Touré Litsé. Il s’agit de passer de l’autosuffisance nationale à une souveraineté alimentaire régionale, remplacer l’approche fragmentée par une vision intégrée et transitionner d’une dépendance à l’aide vers un développement axé sur l’investissement.

Les entreprises de la sous-région doivent être en mesure de répondre à la demande régionale avec des produits accessibles et nutritifs. Mais pour y arriver, elles doivent surmonter plusieurs obstacles, notamment un déficit d’infrastructures, des difficultés d’accès au financement et un manque de coordination des politiques régionales. Le non-respect des textes communautaires entrave la libre circulation des produits et limite l’accès aux marchés.

Un panel organisé à la suite de la présentation du rapport a montré qu’une approche harmonisée et cohérente est indispensable pour structurer pleinement ce commerce et en faire un moteur de développement durable.

Emmanuel Akani

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