La Côte d’Ivoire rendra la carte du producteur obligatoire à compter du 1er septembre 2026 avec le lancement de son Système National de Traçabilité (SNT), une étape clé pour se conformer aux exigences environnementales de l’Union européenne, a-t-on appris auprès du régulateur de la filière.
À quatre mois de l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2027, du règlement européen contre la déforestation (RDUE) — qui interdirait l’importation de cacao issu de terres déboisées —, le premier producteur mondial accélère le déploiement de son dispositif.
Depuis la mi-juillet, le Conseil du Café-Cacao (CCC) multiplie les réunions dans toutes les régions cacaoyères du pays pour sensibiliser les agriculteurs et les responsables de coopératives.
« L’objectif est de démontrer que le café et le cacao de Côte d’Ivoire ne proviennent pas de zones déforestées », a rappelé mardi la déléguée régionale du CCC à Gagnoa (centre-ouest), Ama Tana Myriam Mian, lors d’un rassemblement avec les acteurs locaux.
Outre l’accès au marché européen, la carte du producteur doit apporter plusieurs garanties socio-économiques aux planteurs :assurer le respect effectif du prix « bord champ » fixé par l’État et réduire l’usage de l’argent liquide pour limiter les braquages. Ensuite, donner accès à la Couverture maladie universelle (CMU), entièrement prise en charge depuis 2025 pour les producteurs de la filière.
Enfin, conditionner l’attribution des intrants et l’accès aux programmes de durabilité du CCC.
Représentant le préfet de la région du Gôh à la réunion de Gagnoa, le secrétaire général de préfecture, Bernard Della Assamoi, a exhorté les coopératives à faire inscrire d’urgence les planteurs non encore recensés.
La Côte d’Ivoire produit environ 45 % du cacao mondial, une mannes économique dont dépendent directement ou indirectement plus de cinq millions de personnes dans le pays.
EA



