La compagnie nationale Air Côte d’Ivoire a sollicité une licence pour reprendre les activités d’assistance en escale à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan, une démarche qui suscite une vive contestation judiciaire de l’actuel opérateur, le groupe britannique Menzies Aviation, a-t-on appris de sources concordantes.
Dans le cadre de sa stratégie de restructuration et d’intégration verticale visant à diversifier ses sources de revenus, la compagnie détenue à 57 % par l’État ivoirien entend capter ce marché très lucratif sur une plateforme accueillant plus de 2,5 millions de passagers par an.
Le marché est géré depuis 2015 par NAS Ivoire, filiale de Menzies Aviation, dont la convention initiale de dix ans arrivait à échéance en septembre 2025.
La validité d’un avenant de prolongation négocié en 2020 est toutefois contestée par les autorités ivoiriennes.
Bien qu’examiné en Conseil des ministres en décembre 2020, cet avenant n’a jamais été signé ni publié au Journal officiel, selon le ministère des Transports.
Pour tenter de désamorcer la crise, une extension exceptionnelle d’un an a été accordée à l’opérateur britannique.
En outre, Menzies Aviation a proposé de porter la part d’Air Côte d’Ivoire dans la filiale locale de 15 % à 35 %. Une offre rejetée par le pavillon national, qui exige une position majoritaire à 65 %.
L’exécutif ivoirien critique ouvertement la grille tarifaire des prestations au sol de Menzies, jugée trop élevée pour les compagnies opérant à Abidjan.
Face à cette situation, le groupe britannique a saisi en urgence la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris. Une première audience s’est tenue le 20 août.
Une réunion de conciliation de la dernière chance, pilotée par le ministre des Transports Amadou Koné, est programmée pour le 9 septembre à Abidjan.
ST/ME

