La Côte d’Ivoire veut réduire le fossé entre les formations et les besoins du marché du travail. À l’ouverture de la 14ᵉ édition de la CGECI Academy, jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan, Sofitel hôtel Ivoire, le Vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, a appelé à un renforcement des liens entre l’État, les entreprises et les établissements de formation afin de mieux préparer les jeunes aux exigences du monde professionnel.
Organisée autour du thème « Capital humain : une stratégie pour l’Afrique », la rencontre qui dure deux jours sert de tribune pour remettre au cœur du débat la question de l’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises.
Pour Tiémoko Meyliet Koné, le développement du capital humain demeure l’une des conditions essentielles de la transformation économique du continent. Selon lui, les investissements, les réformes et les ambitions d’industrialisation ne peuvent produire pleinement leurs effets sans des ressources humaines qualifiées, indispensable pour accompagner la croissance des entreprises.
« Il est essentiel de renforcer la collaboration entre les pouvoirs publics et les entreprises afin d’anticiper les besoins en compétences, de mettre en place des formations de qualité en adéquation avec les exigences du monde professionnel et de faciliter l’insertion des jeunes dans la vie active », a-t-il déclaré.
Le vice-président a insisté sur la nécessité de renforcer les formations scientifiques, techniques et managériales pour répondre aux mutations induites par le numérique et l’intelligence artificielle. Il a également souligné que le potentiel de la jeunesse africaine ne pourra être pleinement valorisé sans une éducation de qualité et de réelles perspectives d’emploi ou d’entrepreneuriat.
Pour accompagner cette ambition, l’État prévoit la construction de 254 établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle d’ici à 2030. Une mesure destinée à rapprocher davantage les cursus de formation des besoins du tissu économique.
Le paradoxe du marché de l’emploi
Le président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), Ahmed Cissé, a pour sa part mis en lumière le décalage persistant entre les formations et les attentes des employeurs. « Nous vivons une situation paradoxale où des diplômés peinent à trouver un emploi pendant que certaines entreprises ont du mal à recruter les compétences dont elles ont besoin », a-t-il en substance fait observer. S’appuyant sur des données de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (BAD), il a rappelé que l’Afrique crée environ trois millions d’emplois formels par an alors que 10 à 12 millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail.
Face à cette réalité, Ahmed Cissé a appelé à un dialogue plus étroit entre les établissements de formation et le secteur productif. « Nous invitons chacun à repenser la place du capital humain dans la performance des entreprises et la compétitivité de nos économies », a-t-il exhorté.
Le leader du Patronat ivoirien a également encouragé les entreprises à accueillir davantage de stagiaires et d’apprentis, à investir dans la formation professionnelle et à favoriser l’accès des jeunes, notamment des filles, aux métiers d’avenir.
Représentant pour son collègue du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Khalil Konaté, le ministre des Transports, Amadou Koné, a souhaité que cette 14ᵉ édition débouche sur des propositions concrètes capables d’orienter les politiques publiques et les stratégies des entreprises en matière de développement des compétences.
Les travaux de cette 14e édition de la CECI Academy prennent fin ce vendredi, en présence du Premier ministre Robert Beugré Mambé.
Emmanuel Akani





