Dr George Elombi, président du conseil d’administration d’Afreximbank, a affirmé à Abuja, le 1er juillet 2026, que « la souveraineté économique de l’Afrique ne sera atteinte que lorsque le continent s’industrialisera à grande échelle, transformera ses propres ressources et s’assurera un accès équitable aux capitaux ». Il a souligné que l’Afrique ne pouvait plus s’appuyer sur un modèle fondé sur l’exportation de matières premières et l’importation de produits finis, mais devait désormais miser sur la valeur ajoutée, l’industrie manufacturière et le commerce régional. « La souveraineté de l’Afrique ne sera pas assurée en exportant davantage de ce que nous ne transformons pas Elle sera garantie lorsque nous aurons mis en place les industries qui transforment les ressources africaines en valeur africaine », a-t-il insisté, rappelant que l’industrialisation exige des capitaux accessibles à des conditions équitables.
Il a précisé que le mandat d’Afreximbank est d’accompagner cette transition, en finançant directement ou via son fonds FEDA, et en partenariat avec des acteurs industriels comme ARISE IIP. La Banque développe des parcs industriels et des zones économiques spéciales pour soutenir la transformation minière, l’agroalimentaire, l’automobile, le textile et la pharmacie, afin de créer des pôles compétitifs et renforcer les chaînes de production régionales.
Dr Elombi a également insisté sur l’importance des notations de crédit : « Une évaluation équitable de la solvabilité fait partie du programme de souveraineté de l’Afrique. Lorsque les institutions africaines sont évaluées correctement, elles peuvent lever des capitaux à des conditions plus compétitives. » La récente notation « investment grade » attribuée par S&P Global Ratings à Afreximbank (BBB+ à long terme, A-2 à court terme) illustre, selon lui, la nécessité d’évaluer les institutions africaines dans leur contexte réel. Avec des actifs de 49,4 milliards USD et un ratio de fonds propres de 23 %, la Banque a démontré sa solidité et continue de susciter la confiance des investisseurs grâce à des émissions obligataires et des financements syndiqués.
Enfin, il a rappelé que « l’industrialisation ne permettra d’assurer la souveraineté que si les produits africains peuvent circuler librement sur les marchés africains ». Afreximbank soutient donc les infrastructures commerciales, les systèmes de paiement, les corridors logistiques et la mise en œuvre de la ZLECAf. « Les capitaux, l’industrie et le commerce doivent fonctionner de concert. L’Afrique doit financer sa production, transformer ses ressources et acheminer ses marchandises sur ses propres marchés. C’est ainsi que nous créons de la valeur, que nous la conservons en Afrique et que nous construisons une souveraineté concrète, et non théorique ».», a-t-il déclaré. Il s’est félicité de l’idée d’une Nouvelle architecture financière africaine et a souligné l’urgence de renforcer les capacités de mobilisation des ressources locales.
« L’Afrique doit financer sa production, transformer ses ressources et acheminer ses marchandises sur ses propres marchés. C’est ainsi que nous créons de la valeur, que nous la conservons en Afrique et que nous construisons une souveraineté concrète, et non théorique ».
Dans cette perspective, Afreximbank continuera de privilégier le financement des systèmes essentiels au développement autonome du continent : capacités industrielles, transformation des minerais stratégiques, infrastructures commerciales, paiements numériques, sécurité énergétique et commerce intra-africain.
Edouard Amichia

