Un séminaire de dissémination des résultats d’un rapport provisoire d’évaluation de la coopération de l’Union européenne avec la république de Côte d’Ivoire, menée par une équipe de consultants indépendants sur la période 2007-2015, s’est tenu ce mercredi 27 septembre 2017, à l’hôtel Novotel à Abidjan. L’ambassadeur de l’UE en Côte d’Ivoire, Jean François Valette, a indiqué que l’objectif, c’est de faire le point des actions entreprises, afin d’en tirer les leçons et accroitre l’impact de la coopération de l’institution avec le pays. Il a indiqué que le montant total de l’aide octroyée à la Côte d’Ivoire sur la période 2007-2015 est d’environ 300 milliards Fcfa. Ce qui représente en moyenne une part de 8,4% de l’aide totale à la Côte d’Ivoire.
Des lenteurs dans la mise en œuvre des réformes
La présentation faite par Catherin Pravin, senior expert, et Charlotte Vaillant, chef d’équipe évaluation, a permis de comprendre que l’appui de l’UE a porté sur la consolidation de la paix, la reconstruction du pays grâce à l’organisation des élections, la bonne gouvernance et le renforcement de l’Etat. Mais si des acquis notables ont été enregistrés, les experts relèvent que d’importants obstacles sont venus limiter l’action de l’institution. « L’UE a aidé à renforcer la présence de l’Etat sur l’ensemble du territoire national mais sa contribution à la relance et à la mise en œuvre des politiques améliorées est en dessous de ses ambitions.
Les lenteurs ont été constatées dans la mise en œuvre des réformes soutenues par l’UE dans les secteurs des infrastructures routières et la justice. Tous les objectifs concernant le transport et le commerce international n’ont pas été atteints », a déclaré Charlotte Vaillant.
Gouvernance, justice, réconciliation nationale…
Aussi note-t-elle qu’en dépit de l’appui dont le pays a bénéficié dans sa marche vers la sortie de crise, les défis liés à la réconciliation nationale restent entiers et il y a beaucoup à faire en termes de gouvernance, vu le niveau élevé de corruption et le manque d’indépendance de l’appareil judiciaire. Des affirmations récusées en grande partie par l’ordonnateur national suppléant du Fonds européen de développement (FED, Semon Bamba, qui a invité les rapporteurs à relativiser leurs propos.
Représentant le ministre de l’Economie et des Finances, qui est l’ordonnateur national du FEC, le chef de cabinet, Charles Douais, a déclaré qu’à ce jour l’UE reste un partenaire important qui accompagne la Côte d’Ivoire dans l’exécution du programme national de développement (PND), notamment avec l’énergie, pour un montant de 91 milliards Fcfa, ainsi que le secteur du vivrier et du foncier rural pour 39 milliards Fcfa. Sur la période indiquée, la coopération entre l’UE et la Côte d’Ivoire est passée d’une approche allant de l’urgence au soutien au développement, en passant par la réhabilitation. Cela se traduit par des contributions substantielles de 143 milliards Fcfa du 10ème FED pour le PND 2012-2015 et 179 milliards Fcfa du 11ème FED pour le PND 2016-2020.
Edouard Amichia

