C’est l’épilogue de ce qu’on pouvait appeler «l’affaire des tablettes Huawei». L’entreprise chinoise qui a décroché un marché de 4 milliards de francs CFA avait offert 130 appareils aux députés par le biais du gouvernement. «Un don qui trahit l’esprit de la loi anticorruption», avaient dénoncé de nombreuses voix. Au cours d’une conférence de presse, samedi, le président de l’Assemblée Salifou Diallo, répondant à la question d’un journaliste sur la polémique soulevée par ce cadeau, avait balayé les critiques sur sa provenance. Quelques heures plus tard, les réseaux sociaux s’enflammaient. Lundi 5 décembre, face aux élus, il a finalement proposé la restitution des tablettes au gouvernement.
C’est par un communiqué que l’Assemblée nationale a annoncé la restitution des tablettes au gouvernement. « Face à l’incompréhension d’une partie de la population », peut-on lire dans le document, l’Assemblée nationale décide de restituer les tablettes. Néanmoins, poursuit le communiqué, l’Assemblée nationale regrette « cette polémique excessive autour des tablettes ».
Pour Maxime Koné, un député de la majorité, l’Assemblée doit toujours être à l’écoute des populations. « Nous sommes issus d’une insurrection populaire. L’opinion publique s’est dressée contre ces tablettes, donc le président, avec l’ensemble des députés, ont décidé de suivre, d’écouter, et à partir de cela, de restituer les tablettes au gouvernement. Sur le fond, on n’a rien à se reprocher et nous sommes allés dans le sens de notre opinion », défend-il.
Plusieurs voix s’étaient élevées contre ce don de tablettes de l’entreprise Huawei à l’Assemblée nationale par le canal du gouvernement. Cette restitution vient donc calmer plusieurs semaines de contestation, selon le juriste et analyste Abdoul Karim Sangho. « L’Assemblée nationale avec son président, en décidant de restituer ces appareils, a fait acte honorable. C’est un sens très élevé de la responsabilité parce que le ferment de la contestation pouvait aller plus loin que cela », affirme-t-il.

