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Mis à jour : 28 juin 2026, 12:31
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Contribution – Polémique autour du prix africain pour le développement décerné à Inoussa Kanazoé

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Suite à l’attribution du Prix de meilleur producteur de matériaux de construction au PDG de CIMFASO, Kanazoe Inoussa, Minutes-Eco a reçu un texte d’un jeune entrepreneur burkinabé, qui s’interroge sur l’opportunité du prix et sur les critères qui ont guidé le choix du Jury du Prix africain pour le développement.

« En règle générale, quand une personne voit ses mérites reconnus, on doit lui rendre un vibrant hommage. Quand cette personne est un compatriote, cela fait durer le plaisir car c’est l’image de l’ensemble de cette nation de peuple travailleur qui est vue à travers l’Afrique et le monde. Mais quand un prix est octroyé à un homme contre qui des poursuites judiciaires sont engagées, il y a lieux de ne pas se réjouir. Mais plutôt se poser des questions sur les motivations réelles d’un tel prix.

En effet, l’édition 2017 du Prix Africain pour le développement (PADEV) dont le promoteur est Koffi Kouadio a décerné le prix de meilleur producteur africain de matériaux de construction à l’opérateur économique burkinabé, Inoussa Kanazoé. Il faut le reconnaître, M. Kanazoé est un riche homme d’affaires. Mais, je voudrais m’autoriser un « mais », car, pour ce qui concerne ce prix qui lui est décerné, je m’interroge sur son opportunité et son bien-fondé. Et d’ailleurs, depuis lors, les adoubeurs de l’homme d’affaires ont jeté leur dévolu sur les réseaux sociaux où ils se pavanent à n’en pas finir pour célébrer une « victoire » sur peut-être une opinion qui ne s’est pas encore remise du scandale dans lequel se trouve CIMFASO et ses principaux responsables.

Cela galvaude le prix si tant est qu’effectivement le Prix africain pour le développement, décerné chaque année, ne concerne que « des personnes physiques et morales considérées comme les meilleures dans leurs secteurs d’activités respectifs ». L’idée étant d’instaurer une culture du travail, du mérite et de l’excellence comme valeurs cardinales de la société africaine.

Je me demande M. Kanazoé mérite vraiment un tel prix au regard des bisbilles judiciaires qu’il connaît dans son pays, le Burkina Faso, puisqu’il est poursuivi pour « fraude fiscale, faux et usage de faux en écriture, utilisation frauduleuse numéros IFU, tromperie du consommateur ».

A ce propos, en quoi un citoyen soupçonné d’avoir violé la loi de son pays peut être un exemple pour les générations actuelles et futures ? Je pense que la structure qui décerne de tels prix gagnerait à être plus regardante sur les critères pour ne pas polluer l’esprit d’une jeunesse déjà en manque de repère.

Parmi les lauréats de cette année, on note le Guinéen Aboubacar Makhissa Camara, Directeur national des impôts, « pour ses innovations, sa gestion rigoureuse et efficace des impôts qui ont optimisé le recouvrement fiscal en République de Guinée ». Entre ces deux lauréats et au regard de l’actualité, il y a un paradoxe évident. M. Kanazoé bénéficie bien sûr de la présomption d’innocence, mais peut-on récompenser, sur le même tableau, et à la fois, le bon et le mauvais élève ? A moins que ce prix n’ai été « négocié » ou, disons-le clairement, acheté.

Pendant qu’Aboubacar Makhissa Camara est considéré comme une personne qui œuvre au quotidien pour un meilleur recouvrement des recettes fiscales de son pays, Kanazoe Inoussa de CIMFASO est accusé de magouilles fiscales et d’avoir commercialisé du ciment avarié (reconditionné et estampillé CIMFASO). Il a même été inculpé pour cela. »

Jonas Toudabam Ilboudo, jeune entrepreneur

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