Le blues est-il méconnu des populations de Kolia ?
Cette question s’est posée lorsque le député de la ville Daouda Touré a décidé d’organiser un festival grandiose pour célébrer cette musique dans la Bagoué.
Kolia Blues festival, né d’une passion personnelle, a pris son envol un, au cours d’une conférence de presse à Ménékré Café, aux Deux-Plateaux à Abidjan. Soutenu par le Pr Adépo Yapo, qui a effectué des recherches sur les similitudes entre la pratique musicale dans la région du Nord de la Côte d’Ivoire et celle du Mississipi aux USA, le député a déroulé sa vision.
Le Pr musicologue Adépo Yapo est sans équivoque : le blues et les sonorités de la région de la Bagoué ont la même racine. C’est auréolé de cette thèse et convaincu que ce qu’il a entendu lorsqu’il était gamin avait un lien intrinsèque avec le Blues pratiqué aux USA que le DG a décidé de servir un tel festival à son peuple. Trois jours ont suffit pour que tous les sceptiques s’en remettent à la clairvoyance de l’initiateur. « Blues ka di » (la traduction du malinké le Blues est intéressant) est sorti plusieurs fois des bouches de ceux qui ont dégusté la musique de Vieux Farka (Mali), Soul Ayom (Côte d’Ivoire), Terry Harmonica Bean (USA) et autres Zélé de Papara.
Il a été offert une tribune exceptionnelle aux danses traditionnelles de la région pour s’exprimer. A travers cette fête populaire qui a allié musique, exposition de produits culturels, retrouvailles entre les filles et fils de la localité, l’on peut dire que la Bagoué avait besoin de cette fête. « Je suis né et j’ai grandi ici. C’est la première fois que nous vivons cela et nous souhaitons que ce soit chaque année », s’est satisfait un jeune homme.
Kolia Blues Festival a retenu les attentions au Nord comme au Sud de la Côte d’Ivoire. Il ouvre à la ville une fenêtre qualitative et touristique sur le monde. Et lance ainsi une passerelle entre le Mississipi où s’est développée le genre musical et Kolia où se développe une forme plus authentique du blues.
D. Kadira

