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Mis à jour : 28 juin 2026, 07:52
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Croissance, Emploi, industrialisation – Les experts nationaux, Banque mondiale et FMI disent ce qu’il faut pour atteindre l’émergence

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Le forum organisé par la Cellule d’analyse de politiques économiques du CIRES (CAPEC), ce jeudi 18 juillet 2018, à l’hôtel Azalai, à Marcory, sur le thème : « Innovation, croissance inclusive et émergence économique des pays : quelles leçons pour la Côte d’Ivoire?» a donné lieu à des échanges très enrichissants. D’entrée, le directeur de la CAPC, le professeur Alban Ahouré, a relevé « qu’il est remarqué et cela est décrit par les partenaires au développement et les économistes avisés que la forte croissance que connaît la Côte d’Ivoire depuis la reprise économique à partir de 2012 (8% en moyenne par an), ne s’est pas suffisamment accompagnée par une réduction de la pauvreté (taux de pauvreté de 46,3% en 2015) et par ricochet par un accroissement sensible du bien-être de la majeure partie des citoyens. » Il s’agissait donc pour les experts réunis de dégager des pistes pouvant contribuer la croissance économique plus inclusive en Côte d’Ivoire. L’économiste en chef du groupe de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, Jacques Morisset, conseille au gouvernement de mener trois actions prioritaires en vue d’atteindre l’inclusion financière. A savoir conduire une politique de redistribution vers les exclus et les plus vulnérables, notamment par les transferts d’argent via digitalisation ; mener une politique de l’emploi en faveur des jeunes en milieu urbain et développer une politique démographique en encourageant les activités des femmes et en réduisant les discriminations envers elles. La productivité doit augmenter d’au moins 10% chaque année en milieu rural, pour lutter contre l’urbanisation sauvage qui devient un problème pour les gouvernants.

José Gigeon, le représentant résident du FMI, a pour sa part souligné la nécessité de relever le niveau de l’investissement privé, qui dépend de facteurs macro-économiques et structurels. L’accès limité au crédit, souligne-t-il, entrave l’investissement privé. Aussi appelle-t-il à améliorer la productivité tant du secteur industriel que de l’agriculture et autres facteurs de croissance. Pour ce qui le concerne, le Pr Alaban Ahouré a appelé l’Etat à investir au moins 1% des ressources du PIB à la recherche scientifique ; renforcer les capacités scientifiques du pays, développer et mettre en œuvre des politiques inspirées par la Stratégie pour la science, la technologie et l’innovation pour l’Afrique 2024 (STISA2024).

Les précisions de la ministre Kaba Nialé

La ministre du Plan et du Développement, Kaba Nialé, marraine du forum, est convaincue que les résultats des échanges contribueront à une meilleure compréhension des mécanismes et des leviers permettant d’accélérer l’innovation tout en renforçant le caractère inclusif de la dynamique de croissance qu’enregistre l’économie ivoirienne depuis 2012. Elle a relevé que la problématique de l’innovation et croissance inclusive dans le processus d’émergence des pays est une question fondamentale, pertinente et complexe. Selon l’OCDE, explique Kaba Nialé, la croissance économique est inclusive « lorsqu’elle crée des opportunités pour tous les segments de la population et lorsque ses bénéfices, à la fois économiques et non-économiques, sont redistribués de manière équitable au sein de la société.» Pour atteindre l’émergence économique et sociale, ambition clairement affichée par le chef de l’Etat Alassane Ouattara, il faut nécessairement accélérer la transformation structurelle de l’économie à travers l’industrialisation, le développement du capital humain et du bien-être social. C’est ce à quoi travaille le Plan national de développement (PND) 2016-2020 qui met l’accent sur les infrastructures et la satisfaction des besoins sociaux de base (éducation, santé sécurité alimentaire et logement), les réformes structurelles visant à améliorer la productivité et la compétitivité de l’économie, et des politiques ciblées en faveurs des jeunes, des femmes et des plus démunis. Kaba Nialé a, pour montrer la bonne volonté d’assurer une meilleure répartition des fruits de la croissance, cité un certain nombre d’actions posées dans ce cadre. Notamment l’augmentation continue des dépenses pro-pauvres qui se chiffrent à 2 290,8 milliards de Fcfa en 2018 en hausse de 10,7% par rapport à 2017.

Emmanuel Akani

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