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Mis à jour : 28 juin 2026, 07:52
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Décentralisation : Moussa Sanogo propose des clés pour une plus grande efficacité des communes

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Lors du symposium international sur les collectivités territoriales, qui s’est tenu récemment à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix de Yamoussoukro et organisé par le Sénat, le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, également maire de Touba, est intervenu dans le cadre du panel inaugural consacré à l’état des lieux de la décentralisation en Côte d’Ivoire et aux propositions pour en faire un véritable levier de développement local, effectif et durable. La ministre d’Etat Anne Ouloto, le ministre Koné Bruno, Mme Arlette Badou Kouamé épouse N’guessan, maire d’Arrah et M. Ousmane Sahnoun, président de la commission des finances au conseil national des régions et districts (CNRD) de Tunisie ont également partagé leurs expériences à ce panel de haut niveau.

Interrogé par la présidente du Sénat, Mme Kandia Camara, modératrice du panel, sur le rôle des communes dans l’accélération de la décentralisation et le renforcement du développement local, le ministre a rappelé que la décentralisation ne saurait se limiter à l’adoption de textes réglementaires. « Elle exige une approche politique cohérente et une réorganisation des finances publiques permettant aux collectivités de disposer d’une véritable autonomie. Un phénomène n’est pas simplement pris en charge parce qu’un texte réglementaire est adopté », a-t-il affirmé.

Il a souligné que, si les transferts financiers de l’État ont considérablement augmenté au cours des dernières années, l’efficacité de la décentralisation repose avant tout sur la capacité des communes à mobiliser leurs propres ressources et à gérer leurs dépenses avec rigueur. « Au cours des dix dernières années, les ressources octroyées par l’État pour la décentralisation ont triplé. On est passé de 147 milliards en 2016 à 480 milliards en 2026. Mais l’autonomie, ce n’est pas un tiers qui vous donne de l’argent. C’est la capacité à mobiliser vos propres moyens pour financer vos activités », a-t-il insisté.

Cette autonomie financière doit s’accompagner d’une professionnalisation accrue des ressources humaines locales, afin de garantir une meilleure exécution des projets. « Nous devons trouver des personnes de qualité qui permettront d’exécuter rapidement les projets, plutôt que de dépendre de fonctionnaires parfois insuffisamment outillés », a-t-il déclaré.

Le ministre a également insisté sur la nécessité d’adapter les procédures, notamment en matière de marchés publics, aux réalités locales. Selon lui, les règles actuelles, inspirées de modèles occidentaux, peuvent accentuer les disparités régionales en défavorisant les jeunes entrepreneurs des communes éloignées. « Au lieu de réduire les écarts, elles favorisent les acteurs des grandes villes au détriment des jeunes entrepreneurs des communes éloignées », a-t-il regretté, plaidant pour une préférence nationale et locale afin de réduire ces inégalités et renforcer l’efficacité des politiques publiques.

Enfin, Moussa Sanogo a mis l’accent sur l’importance d’investissements structurants dans les villes secondaires, notamment dans l’agriculture, les infrastructures de base et le tourisme local. De tels investissements permettraient de créer un véritable écosystème économique, condition indispensable pour que les collectivités territoriales deviennent des moteurs du développement local. « Avec 100 milliards par an, en trois exercices budgétaires, nous pouvons créer un véritable écosystème économique dans les villes secondaires », a-t-il affirmé.

En conclusion, il a rappelé que la décentralisation doit aller de pair avec un contrôle efficace et une cohérence dans la gouvernance, afin que les communes puissent pleinement jouer leur rôle dans l’amélioration des conditions de vie des populations.

Emmanuel Akani

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