Le président de la Confédération générale des entreprises de Cà´te d’Ivoire (CGECI) a dénoncé, ce lundi 14 octobre 2019, à l’ouverture de la 8e édition de la CGECI Academy, un hiatus entre les classements des Etats du continent africain aux différents indices de mesure de l’environnement des affaires et la perception ressentie par les opérateurs économiques. « Bien souvent, au moment même o๠l’on célèbre ces classements, c’est un sentiment d’insatisfaction qui est exprimé par les chefs d’entreprises quand on les interroge », souligne Jean Marie Ackah. Il note que cela est valable tant pour le Doing business, l’indice Mo Ibrahim de la bonne gouvernance, Transparency international, etc. C’est pourquoi il a invité les participants au forum – administration, secteur privé, institution internationales, société civile – de challenges les différents indice de mesure, avec des impératifs plus en phase avec les réalités et particularités des Etats.
Jean-Marie Ackah note que les défis sur le sujet de l’environnement des affaires sont encore nombreux, en dépit des bonnes performances du classement Doing Business enregistrées par les pays africains depuis quelques années. « Dans plusieurs des Etats, note-t-il, les entreprises font face à une règlementation parfois trop contraignante et changeante, à des lourdeurs administratives, à une pression fiscale difficilement soutenable du moins pour le secteur formel, ou aux difficultés d’accès aux marchés nationaux ou régionaux, qu’il s’agisse des marchés publics ou privés.
« L’entrepreneur a aussi et surtout besoin d’un environnement politique et sécuritaire totalement apaisé, condition sine qua non de la pérennité de son investissement, a ajouté le président de la CGECI. Les plus fragiles de notre tissu économique, les PME, ont besoin de plus de protection et de facilitation notamment pour l’accès au financement, au foncier ou à la commande publique. »
Au demeurant, il se félicite de l’engagement des pays de l’Afrique subsaharienne, qui ont compris que c’est l’amélioration du climat des affaires qui détermine la décision des investisseurs locaux et étrangers de s’établir dans un pays ou pas. « Pour la 3ème fois consécutive, cette année 2019, un tiers des réformes recensées pour satisfaire aux indicateurs du Doing Business », a relevé Jean-Marie Ackah. Particulièrement les performances de la Cà´te d’Ivoire ont été rappelées par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Souleymane Diarrassouba. Le pays figure dans le cercle restreint des pays enregistrant les taux de croissance économique les plus élevés au monde. Il compte parmi les 10 pays les plus réformateurs au monde. Le pays a enregistré une croissance annuelle moyenne de plus de 8% par an sur sept (7) ans. Le taux d’investissement privé est passé de 7,5% en 2012 à 15% en 2018. Le PIB par tête a progressé de 1 237 dollars par habitant en 2012 à 1 685 dollars américains en 2018, soit une hausse globale de 36%.
Concernant le Rwanda, il a noté que les importantes réformes réalisées en peu de temps ont portés des fruits reconnus au plan international. En atteste le rapport Doing Business 2019 de la Banque Mondiale, qui classe le Rwanda au 29ème rang mondial et au 2ème rang en Afrique, après l’Ile Maurice.
Emmanuel Akani

