Outre le projet de loi de règlement 2018, ont été adoptés deux autres textes présentés le jeudi 14 novembre, devant la commission des affaires économiques et financières de l’Assemblée nationale. L’un porte sur le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°2019-587 du 3 juillet 2019 instituant des mesures incitatives spécifiques aux investissements réalisés dans le secteur de la transformation agricole, principalement l’anacarde. Ces dispositions dérogatoires prises pour une durée de cinq ans accordent des avantages douaniers, des avantages fiscaux pour les sociétés déjà en exploitation, des crédits d’impà´t, etc. « Cette ordonnance vise l’accélération du processus de transformation locale de l’anacarde », assure le ministre Moussa Sanogo.
« En améliorant la transformation, on génère de facto davantage de ressources qui permettront de distribuer un peu plus d’argent aux acteurs, et donc d’améliorer le revenu des producteurs », a assuré le ministre du Budget et du Portefeuille de l’Etat. « Quand vous augmentez la valeur au niveau de la chaine de production, vous créez de la richesse qui reste en local ; des ressources que l’Etat peut prélever pour améliorer sa répartition et agir sur les conditions de vie des producteurs. Accroitre la valeur des produits que nous mettons sur le marché passe forcément par la transformation », a expliqué le ministre.
« La meilleure faà§on de garantir une rémunération optimale et décente au producteur, insiste-t-il, c’est de faire en sorte qu’il y ait davantage de valeur à son produit. Cela passe nécessairement par la transformation : « Tant que nous continuerons d’exporter des produits bruts, on aura en fin de course des rémunérations qui sont relativement faibles et qui ne permettront pas de distribuer suffisamment de ressources aux producteurs. »
Saluant la convergence de vue avec les députés concernant les efforts déployés pour améliorer le niveau de transformation locale des produits agricoles, Moussa Sanogo a souligné que des mesures similaires ont été prises pour les principaux produits d’exportation dont le binà´me cacao-café et l’hévéa. Cette mesure visant la filière anacarde permettra de créer au moins 13 000 emplois supplémentaires qui profiteront sur les quatre ou cinq années aux jeunes et aux femmes, dans les usines de transformation. Au bout du processus, le taux de transformation devrait atteindre 45%.
Edouard Amichia

