Le Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP) poursuit sa mission de rapprochement des solutions des entreprises à l’échelle nationale, donnant un nouvel élan au secteur privé régional. À Bouaké, du 7 au 11 septembre 2026, le Secrétariat Exécutif du CCESP, avec l’appui du PACA-CI, a réuni près de 450 participants pour examiner les préoccupations du secteur privé et proposer des réponses concrètes. L’objectif de ce dialogue public-privé était de lever les freins à la compétitivité des entreprises et libérer le potentiel économique du Gbêkê. L’exercice a permis de toucher du doigt les réalités des opérateurs économiques, de la transformation du manioc à la fiscalité, en passant par la labellisation, les compétences et l’attractivité territoriale.
Selon Souleymane Sangaré, Conseiller Technique représentant le Secrétaire Exécutif du CCESP, Madame Mariam Fadiga Fofana, « les travaux ont été structurés autour de sessions thématiques, de communications techniques et d’échanges permettant de confronter les préoccupations du secteur privé aux réponses susceptibles d’être apportées par les administrations, les collectivités et les structures d’appui ».
Favoriser l’appropriation des dispositifs publics par les entreprises
L’impact attendu de la mission était d’améliorer la compétitivité du secteur privé local, renforcer la qualité des produits conformément aux normes internationales, alléger la trésorerie des opérateurs grâce à une réduction d’impôt et accroître les parts de marché des acteurs locaux. Sa force résidait dans la diversité et le caractère opérationnel des sessions.
La filière manioc en a constitué l’un des temps forts. Avec l’appui du Centre de Démonstration et de Promotion de Technologies (CDT) et de la Société Ivoirienne de Technologie Tropicale (I2T), les acteurs ont été sensibilisés à la modernisation des équipements, à la qualité, à l’hygiène, au conditionnement et à la traçabilité. Un enjeu majeur pour une filière qui compte 1 290 producteurs regroupés au sein de la Plateforme Manioc Bouaké. La labellisation de l’attiéké ouvre, quant à elle, des perspectives de montée en gamme et de conquête de nouveaux marchés, notamment pour les femmes entrepreneures.
Autre levier abordé, la fiscalité comme instrument de compétitivité. La vulgarisation des mesures d’incitations fiscales liées à la création d’emplois, à l’apprentissage et aux stages contribue à rapprocher les dispositifs publics des entreprises et à favoriser leur appropriation.
Un prisme au développement local
La mission a également replacé les collectivités territoriales au cœur de la dynamique économique. Le Conseil régional du Gbêkê a mis en évidence le potentiel considérable de la région et présenté plusieurs initiatives en faveur de l’insertion économique des jeunes et des femmes. La présentation du PND 2026-2030 a révélé des perspectives structurantes : développement du pôle agro-industriel du Centre, renforcement de la chaîne de valeur du manioc, développement du pôle rizicole de Bouaké, nouvelles unités de transformation, zone industrielle renforcée, espaces dédiés aux PME et TPME agro-industrielles, ainsi que des projets majeurs d’infrastructures et de transport.
Les opportunités sont là, mais pour les transformer en croissance réelle, une condition demeure essentielle : connecter les politiques publiques aux besoins concrets des entreprises. C’est précisément la vocation du Comité Local de Concertation État-Secteur Privé (CLCESP), véritable trait d’union entre l’action publique et les opérateurs économiques.
Installé en 2020, le comité confirme sa volonté d’être au plus près des réalités des acteurs privés et de faire du dialogue un véritable outil de résolution des difficultés du secteur régional. À travers lui, le CCESP entend installer durablement à Bouaké un espace où les préoccupations des entreprises sont écoutées, documentées, mises en discussion et orientées vers des solutions, avec la perspective d’un plan d’actions et d’une feuille de route.
La mission ayant montré le potentiel économique considérable du Gbêkê, le défi est désormais de le transformer en productivité, investissements, emplois, marchés et valeur ajoutée locale. Ainsi, le CCESP affirme son ambition faire du dialogue public-privé un accélérateur de solutions au service des entreprises et du développement régional.
Emmanuel Akani



