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Mis à jour : 28 juin 2026, 07:52
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Gouvernance – ‘La corruption doit être combattue à tous les niveaux, il faut aller vers les gros poissons » (Paul Kagamé)

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Dans le cadre de la visite officielle qu’il a effectuée en Côte d’Ivoire, le président rwandais Paul Kagamé, a échangé ce jeudi 20 décembre 2018, à la Maison de l’entreprise, à Abidjan Plateau, avec le patronat ivoirien. Le président en exercice de l’Union africaine (UA), a partagé avec les membres de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) sa vision du développement de l’Afrique. Il a expliqué que son action à la tête du Rwanda est guidée par son refus d’accepter la situation sociale précaire marquée par la pauvreté, la misère, les maladies, le sous-développement qui induit des fléaux comme la corruption et la mauvaise gouvernance. « Je me suis toujours senti mal à l’aise face à la situation que le pays connaissait. Pourquoi la situation est-elle ainsi ? Pourquoi nos Etats ne doivent vivre que parce que d’autres pas sont généreux envers nous ? », a martelé Paul Kagamé.

Non à la lutte sélective contre la corruption

Si son pays attire tant les investissements directs étrangers (IDE) et arrive à mobiliser sur les marchés internationaux les montants nécessaires pour le financement de son développement, cela est dû à toutes les actions visant à assurer un environnement des affaires viable, la bonne gouvernance, la transformation de l’économie et le développement du secteur privé rwandais. Dans ce sens, Kagamé souligne qu’il faut refuser toute forme de corruption à quelque niveau que ce soit. « Tous les pays du continent reconnaissent la nécessité de combattre la corruption et cela ne doit pas se faire de façon sélective. Le directeur général de la police, le directeur général de société, ministres, même président, tout le monde doit être concerné. On ne doit pas épingler les gens à des petits niveaux et laisser les gros poissions prospérer. Il faut aller vers les gros poissions. Par notre action, nous avons montré que la corruption peut être combattue efficacement », a déclaré en substance Paul Kagamé, qui déclare annuellement ses biens. Cet avis est partagé par le vice-président ivoirien, Daniel Kablan Duncan, qui a noté que la lutte contre la corruption doit impliquer tout le monde, de haut en bas.

Des lois ont été votées pour assurer un climat des affaires propice et favoriser la transformation de l’économie, assure le président rwandais, de sorte que les investisseurs retrouvent aujourd’hui au Rwanda ce qu’ils recherchent, voire même découvrent parfois que qu’ils n’ont jamais vu ailleurs. Il pense que l’Afrique, chaque pays avec ses atouts, a des potentialités qu’il convient de ne pas gaspiller mais d’utiliser à bon escient pour assurer son développement. « Nous devons nous mettre au défi pour transformer le visage du continent, arriver à un mieux-être et faire la différence », a déclaré le président rwandais.

Favoriser l’émergence d’un secteur privé africain dynamique

Parallèlement, il travaille avec ses pairs, tant au plan régional que continental, à l’intégration des peuples et des économies. Dans ce cadre, il a évoqué le projet de création, à l’échelle continentale, la Zone de libre-échange continentale (ZLECAf), qui devrait donner l’opportunité à un pays comme le Rwanda qui ne compte que 12 millions d’habitants, de bénéficier d’un marché de plus de 1,2 milliard de personnes, beaucoup plus large que le marché communautaire régional qui ne compte que 170 millions de personnes. D’ailleurs, la création de cette zone de libre-échange de l’Union africaine (UA) a valu au président Kagamé un hommage du ministre Souleymane Diarrassouba, en charge du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME. C’est que ce projet rencontre l’assentiment de nombreux Etats du continent, dont un grand nombre l’a déjà ratifié, profitera à l’économie ivoirienne, qui a amorcé la transformation de son économie qui passe par l’industrialisation. Il profitera à la Côte d’Ivoire qui a un taux de commerce africain de 34% dont 25% avec les Etats de la Cedeao. Pour Daniel Kablan Duncan, cela est important pour faire passer les entreprises – qui bénéficient d’un environnement propice à leur développement – de l’état de TPE et PME à celui de champions nationaux, voire régionaux et continentaux.

Emmanuel Akani

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