Le ministre de l’Economie et des Finances, alors qu’il recevait mardi le patronat conduit par le président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), a indiqué que le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a donné des instructions pour que le recensement et l’audit des passifs se poursuivent. « De sorte que, d’ici la fin de l’année 2017, les passifs validés soient l’objet de traitement à travers des titrisations », soutient Adama Koné qui définit les passifs comme des dépenses qui sont effectuées sans couverture budgétaire.
La question du paiement des passifs de l’Etat suscite régulièrement des grincements de dents. Ainsi, depuis janvier 2017, l’administration financière a-t-elle été informée de multiples saisines des organisations patronales et consulaires par des promoteurs faisant état de sommes dus par l’Etat. Les plaintes transmises à la CGECI, révèle Adama Koné, sont chiffrées à 186,3 milliards Fcfa et les plaintes auprès de la chambre de commerce et d’industrie à 24,5 milliards Fcfa.
L’analyse de la situation montre, au dire du membre du gouvernement, que cette situation découle de l’audit des arriérés et des passifs. Le disant, il a rappelé que le gouvernement a procédé à l’audit des arriérés de paiement de l’administration centrale, des collectivités décentralisées et des établissements publics nationaux (EPN) sur la période 2000-2010. Résultat : 152,9 milliards Fcfa de dette intérieure ont été validés sur un stock de 356 milliards Fcfa recensés.
Enrayer définitivement les passifs
Relativement aux passifs, le gouvernement a également demandé que les passifs de l’administration centrale, des collectivités territoriales et des EPN soient audités sur la période 2001-2013. « Cet audit a permis de valider 225,04 milliards Fcfa sur les 456,13 milliards Fcfa recensés. Les prestataires et fournisseurs dont les factures n’ont pas été validés dans le cadre de l’audit des arriérés et des passifs continuent de réclamer leurs créances. Ce qui justifie en partie les discordances entre les montants déclarés par le secteur privé et l’Etat », explique Adama Koné qui s’est voulant rassurant.
Le président de la CGECI, Jean Marie Ackah, a déclaré qu’il y a encore beaucoup d’effort à faire pour éviter la résurgence de la question des passifs. Le plus gros effort devrait consister, à son sens, à travailler ensemble, Etat et secteur privé, pour informer davantage les PME et autres entreprises, pour que dans un avenir très proche, on ne parle plus de passif en Côte d’Ivoire. « Que chaque société sache dorénavant dans quelles conditions elle doit exécuter une commande de l’Etat, afin que nous n’ayons plus à refaire l’exercice de chercher à apurer des passifs qui se constituent parce que, de bout en bout, les procédures n’ont pas été respectées de part et d’autre », a martelé Jean Marie Ackah.
Emmanuel Akani

