Les solutions pour une gestion efficace des risques liés à la finance numérique ont été l’objet de réflexion ce mardi 14 juin 2022, à l’hà´tel Tiama, à Abidjan Plateau, au cours d’un atelier sur la protection des droits des consommateurs des services financiers numériques. La rencontre organisée par le Groupe consultatif d’assistance aux pauvres (CGAP), l’Agence pour la promotion de l’inclusion financière (APIF) et l’Observatoire de la qualité des services financiers (OQSFCI) a réuni toutes les parties prenantes, y compris les acteurs du privé et les organisations des consommateurs. A l’ouverture des travaux, le secrétaire exécutif de l’OQSFCI, Moussa Mamadou, a interpellé sur les préoccupations des usagers en matière de protection des données à caractère personnel, de cybersécurité, de fraude, de transparence, des conditions de prêt, etc., qui devraient être discutés. Les échanges ont effectivement porté en grande partie sur ces questions, notamment les conditions de prêt aux usagers par les maisons d’émission de monnaie électronique.
Les résultats de deux enquêtes nationales sur les risques pour les consommateurs dans le domaine de la finance numérique et du crédit numérique, commandées par le CGAP et réalisés par Horus consulting, en collaboration avec l’OQSFCI, ont montré que certains risques tels que l’escroquerie et le manque de transparence affectent de nombreux utilisateurs des services de mobile money en Cà´te d’Ivoire et nécessitent une attention particulière. Il ressort entre autres des résultats des enquêtes qu’au cours des 12 derniers mois, 61% des utilisateurs de mobile ont été confrontés à des interruptions du réseau, quand 33% ont manqué d’informations sur les coà»ts et que 28% ont été exposés à des arnaques. Sur 34% qui ont contacté le fournisseur pour se plaindre ou avoir de l’aide sur la même période, 72% ont vu leurs réglés. En outre, le crédit numérique est utilisé dans 29% des cas pour faire face à des besoins ponctuels du ménage et dans 22% des cas pour les besoins de l’activité économique des utilisateurs. 79% des utilisateurs affirment avoir vécu une expérience positive avec le crédit numérique mais 72% ont effectué des remboursements en retard.
Au cours des échanges, le conseiller technique du ministre de l’Economie et des Finances en charge du développement du secteur financier, Siaka Fanny, s’est félicité de la qualité des travaux. Il a indiqué que toutes les préoccupations soulevées sont celles de l’Etat de Cà´te d’Ivoire et exhorté les participants à tirer toutes les bonnes leà§ons des résultats de l’enquête. Car les questions abordées concernent l’ensemble des agents économiques de la Cà´te d’Ivoire mais non seulement les personnes économiquement faibles. Le conseiller technique a indiqué qu’un programme d’éducation financière est piloté par l’Agence pour promotion de l’inclusion financière (APIF) dont l’action témoigne de la volonté de l’Etat de communiquer. Il a appelé les usagers à mieux ouvrir les yeux lorsqu’ils vont solliciter une institution financière (banque, émetteur de monnaie électronique, etc.) pour s’imprégner des conditions de ses prestations et même les discuter.
Pour chacun des points abordés, des recommandations sont faites en vue du respect des droits des consommateurs. Le secrétaire exécutif de l’OQSFCI,Moussa Mamadou, a dit en quelques mots ce qui est fait en Cà´te d’Ivoire et rassuré que les conclusions des enquêtes seront capitalisées, afin d’aborder les prochaines étapes de sorte à arriver à un écosystème du numérique responsable.
Emmanuel Akani

