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Mis à jour : 28 juin 2026, 07:52
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Protection sociale et financement : l’Etat et l’ASACI affichent des attentes croisées pour faire de l’Assurance vie un levier de développement

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Les états généraux de l’assurance vie se tiennent les 3 et 4 décembre 2025 à la Maison de l’entreprise, au Plateau. Organisés par l’Association des sociétés d’assurance de Côte d’Ivoire (ASACI), en collaboration avec la Direction des assurances, ces assises visent à faire de l’assurance vie un « pilier stratégique de la protection sociale et du financement de l’économie nationale. » Elles réunissent autorités, assureurs, banques, fintechs, partenaires sociaux, experts et acteurs venus notamment de France, du Maroc et d’Afrique, cités comme modèles en la matière.

Sous le thème « Assurance vie en Côte d’Ivoire : se réinventer pour mieux protéger la population et financer l’économie », les travaux ont démarré en présence du ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, Adama Kamara, et du directeur de cabinet adjoint du ministre des Finances et du Budget, Vassogbo Bamba.

Le président de l’ASACI, Mamadou GK. Koné, a relevé que « le développement de l’assurance reste en deçà de ce qu’il pourrait représenter pour la Nation », en tant que rempart contre les vulnérabilités familiales, instrument d’épargne longue et levier de financement durable. M. Vassogbo a précisé que le taux de pénétration de l’assurance vie en Côte d’Ivoire se situe à seulement 0,6% du PIB, avec des primes collectées en 2024 s’élevant à près de 266,7 milliards de FCFA. Sur l’ensemble du marché des assurances vie et non-vie, le chiffre d’affaires global a pourtant atteint 628 milliards de FCFA en 2024. « Bien qu’en croissance, les actifs sous gestion issus de l’assurance vie, estimés à environ 1 086 milliards FCFA, restent modestes au regard des besoins de financement national et des capacités d’épargne de notre population », a souligné le directeur de cabinet adjoint.

Au nom des assureurs, M. Mamadou GK. Koné a salué les efforts du gouvernement visant à transformer le marché, mais a surtout partagé les attentes de la profession pour relever le défi. Celles-ci se déclinent en quelques propositions de mesures essentielles visant à « traduire en actes l’ambition de faire de l’assurance vie une force de stabilité sociale et un accélérateur de développement économique. » Elles portent sur un accompagnement fiscal incitatif pour les produits d’épargne longue, la promotion de la capitalisation et de la préparation de la retraite, ainsi qu’une intégration plus affirmée de l’assurance vie dans la protection sociale complémentaire, en cohérence avec le PND 2026-2030. L’ASACI plaide aussi pour un appui aux initiatives permettant d’amplifier la contribution du secteur au financement de l’économie réelle, notamment en faveur des PME, des infrastructures et de la transition numérique.

De son côté, le gouvernement a également des « attentes fortes » vis-à-vis des assureurs. Celles-ci ont été partagées en trois points essentiels par M. Vassogbo Bamba : une véritable révolution dans l’offre de produits, une transformation profonde des modes de distribution et une contribution plus affirmée au financement du développement économique du pays.

D’autres pistes de solutions ont été proposées par le ministre Adama Kamara, relatives entre autres à la signature de conventions tripartites avec les institutions de prévoyance sociale nationale et les assurances vie du secteur privé, en vue de la création de produits hybrides, simples et accessibles. Il a également évoqué des mécanismes pour canaliser l’épargne de la CNPS et de la CGRAE vers le financement des projets structurants de l’État.

Emmanuel Akani

 

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