La Banque africaine de développement (BAD) fait son entrée dans le capital social de la Compagnie commune de réassurance des Etats membres de la conférence interafricaine des marchés d’assurance (CICA-RE) à hauteur de 6,55 milliards Fcfa, y compris la prime d’émission, soit 5,4% des actions totales. La convention d’investissement relative à cette opération a été signée ce jeudi 10 juin 2022, au 20e étage de l’immeuble SCIAM, par le directeur général de CICA-RE, Diarrasouba Karim, et le chef de la division Assurance de la BAD, Attout Ahmed.
Le ministre de l’Economie et des Finances, Adama Coulibaly qui a présidé la cérémonie, a indiqué cette opération – qui porte à 60 milliards Fcfa le capital de la compagnie – ramène 51,35% la part des Etats membres. Il est persuadé que l’entrée de la BAD dans le capital de CICA-RE devrait permettre de renforcer la solvabilité et la solidité financière de la compagnie.
Il a indiqué que cet aboutissement revêtait un intérêt particulier pour les Etats membres de la CICA-RE et que cette opération traduit la confiance qu’inspire la CICA-RE qui affiche des résultats intéressants au cours des dernières décennies. Le directeur général Diarassouba Karim, a révélé qu’à fin 2021, les comptes provisoires de CICA-RE ressortent une tendance de près de 75 milliards Fcfa de résultat net, soit une hausse de 31,57% par rapport à 2020 o๠le résultat net était de 5,7 milliards Fcfa. La compagnie dont le résultat net a connu une progression moyenne de 17% entre 2011 (1,2 milliard Fcfa) à 2020 a vu son chiffre d’affaires passer de 19 milliards Fcfa en 2011 à 87 milliards Fcfa en 2020. Ce chiffre est estimé provisoirement à 95 milliards Fcfa en 2021, soit une croissance moyenne de 19%.
Maintenir l’institution à un haut niveau de performance
Diarrassouba Karim a également révélé que les fonds propres ont été multipliés par trois, passant de 26 milliards Fcfa en 2011 à plus de 80 milliards Fcfa en 2020. Le niveau de ces fonds propres est projeté à plus de 90 milliard Fcfa à la fin de l’exercice 2022. Parallèlement, le ratio de sinistralité moyen des dix dernières années est de 48%. Ce qui témoigne de la qualité de la souscription de CICA RE qui a payé en 2020 plus de 22 milliards Fcfa pour les sinistres. Plus généralement, le directeur général affirme que les « augmentations successives de capital découlant su plan stratégique de développement soutenu par les Etats fondateurs, à partir de 2019, de porter le capital de la compagnie de 6 à 10 milliards Fcfa, ensuite à 20 milliards, puis à 30 milliards, et à 50 milliards, pour arriver aujourd’hui à 60 milliards Fcfa.
Malgré ces perspectives prometteuses ainsi énoncées, le ministre de l’Economie et des Finances a affirmé que le plus grand défi auquel ses dirigeants devront faire face, c’est de « maintenir l’institution à un haut niveau de performance en continuant d’honorer ses engagement, pour mériter la confiance de ses partenaires. » Il encourage la CICA-RE à renforcer sa contribution au financement de développement des Etats membres, par une promotion de plus en plus accrue des activités d’assurance et de réassurance dans la zone. Il a en outre rassuré que la Cà´te d’Ivoire, premier marché de l’espace CIMA, accordera son appui à la CICARE, qui doit servir de vecteur d’inclusion financière.
Pour sa part, Attout Ahmed a affirmé que, par cette convention, la BAD entend contribuer au développement de l’assurance en Afrique, particulièrement dans la zone CIMA. Les fonds serviront dans ce sens à renforcer la résilience de la compagnie à la surveillance des sinistres, à renforcer son cadre de gouvernance, augmenter des capacités de souscription et améliorer ses ratios de fonds propres sur chiffres d’affaires.
Emmanuel Akani

