Annexe fiscale 2026 : Le secteur privé dénonce une accentuation de la pression fiscale et la non prise en compte de ses préoccupations

Thursday 08 January 2026

La commission juridique et fiscale de la CGECI a présenté, le mercredi 7 janvier 2026 à la Maison de l’entreprise au Plateau, l’annexe fiscale 2026 aux organisations professionnelles et associations. Publié au Journal officiel du 24 décembre 2025 et entré en vigueur le 2 janvier 2026, le texte comporte 41 articles regroupés en quatre rubriques.

Parmi les mesures incitatives figurent la promotion de l’accès des populations à faible revenu aux logements économiques et sociaux (art. 2), l’instauration d’un régime fiscal de faveur pour les start-up numériques labélisées (art. 35) et l’extension du droit à déduction de la TVA sur les produits pétroliers utilisés par les exploitants agricoles (art. 38). Le texte prévoit également onze mesures de rationalisation et de simplification, dix mesures techniques et dix-huit mesures de mobilisation des ressources fiscales, dont l’article 1 qui étend la retenue à la source de 7,5 % aux artistes, sportifs et organisateurs de spectacles.

Cependant, l’article 6, qui supprime les exonérations de TVA sur les fibres, jutes et aliments pour le bétail, suscite de vives inquiétudes. La commission juridique et fiscale de la CGECI a dénoncé cette disposition, estimant que « la suppression des exonérations va renchérir le coût de revient de ces produits agricoles exonérés, y compris les produits du bétail et de l’aviculture. »

Le président de la commission, Dominique Tati, a par ailleurs déploré la non-prise en compte des préoccupations du secteur privé, qui n’a pas été véritablement consulté dans l’élaboration de l’annexe 2026. Selon lui, le Patronat n’en a pris connaissance qu’après l’adoption du texte en Conseil des ministres. Le budget de l’État enregistre une progression de 13,1 % par rapport à celui de 2025, qui s’élevait à 15 339,2 milliards de FCFA. Il salue l’ambition noble de mobiliser davantage de ressources intérieures, mais note que cette trajectoire ascendante de mobilisation des ressources, notamment fiscales, accentue la pression sur le secteur privé, l’approche de l’administration fiscale comportant des biais qu’il convient de corriger. « Nous restons convaincus que l’augmentation des recettes fiscales doit passer par l’élargissement de l’assiette fiscale et la réduction de l’informalité, plutôt qu’en privilégiant un alourdissement de la charge sur les entreprises citoyennes », a insisté M. Tati, remettant ainsi au goût du jour la réforme de la fiscalité réclamée depuis de longues années par le secteur privé.

Le directeur exécutif de la CGECI, Stéphane Aka Anghui, a renchéri en soulignant que la progression de 13,1 % du budget de l’État entre 2025 et 2026, soit deux fois la hausse attendue du PIB, « tend à prouver que nous sommes bien dans une dynamique de hausse de la pression fiscale », dans l’objectif de se rapprocher des normes communautaires.

 « Les entreprises formelles considèrent, et à juste titre, que l’effort qui leur est demandé devient de plus en plus lourd, parfois au détriment de leur compétitivité, de leur capacité d’investissement ou d’embauche », a-t-il poursuivi.

Par sa voix, le Patronat ivoirien dénonce une pression fiscale et foncière croissante, des retards et difficultés dans le recouvrement des crédits de TVA, des mesures de rationalisation difficiles à appliquer compte tenu de l’importance du secteur informel et de ses impacts sur les coûts de production et le coût de la vie, ainsi que la superposition des contrôles fiscaux, douaniers et autres. Il a surtout regretté l’insuffisance de concertation préalable sur certaines réformes majeures.

 « Le secteur privé ne peut jouer pleinement son rôle de moteur de la croissance économique que si l’environnement fiscal dans lequel il évolue n’obère pas sa compétitivité. La croissance économique, la création d’emplois et la stabilité sociale passent nécessairement par un environnement fiscal plus équilibré, plus prévisible, et fondé sur un dialogue permanent entre l’Administration et le secteur privé », a conclu le directeur exécutif de la CGECI.

Emmanuel Akani 


Publicité

SONDAGE

Dossier des 18 000 tonnes de riz avarié : le Chef de l'Etat a donné instructions aux Ministres de prendre toutes les sanctions contre les responsables au terme de l'enquête. Qu'en pensez-vous?







Nombre de votes:438 Resultat Archive


PORTRAIT


Eliane ALANGBA

BOA CAPITAL SECURITIES

Titulaire d’une maîtrise d'économie appliquée et d’un DESS option information économique et sociale de l’Université Paris-Dauphine, Eliane ALANGBA a démarré sa carrière en 2005 sur les marchés financiers au sein de BNP Paribas Securities Services à Paris. En 2007, elle rejoint le gro... Lire la suite Voir plus


Publicité

Suivez nous sur facebook

Publicité

Dans la même catégorie

Editeur

Libellule Communication
Abidjan- République de Côte d’Ivoire
Coordonnateur éditorial
Emmanuel Akani
Tel: 45-4010-10
Email: manuakani@yahoo.fr

Service reportage

Email: info@minutes-eco.com

Minutes-eco.com © 2017 Tous droits réservés